Le pullman

Elle disait le pullman, cet animal mécanique
et jaune qui arrivait en klaxonnant ; celui qui repartait
dans la roche percée par le ciel pour rejoindre
les bruits de la ville, tout chargé de visages qui parlaient
le même langage, de l’autre côté où le soleil
n’a pas de trêve.
Quand au retour Andrea en descendait -
de cette ville inconnue assise froissée à ses côtés sur un siège du pullman -
la vie et l’enfance meilleure et le désordre d’une joie loin
de tout, étaient en vrac dans ses sacs de toile qu’il ouvrait
généreusement. C’étaient les mêmes sacs que les ouvriers
gardaient jalousement sous le bras pour aller travailler. Un jour
nous étions tous partis par le pullman et elle aussi.
Elle répète : « le pullman, le pullman ». Oui, je l'entends.
C'est une voix mécanique et jaune de nulle part, un réflexe au bonheur.

Publié en 2011. Modifié, depuis.

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