Tu glisses ainsi, à la manière de la petite embarcation
qui conduit les dizaines de touristes, le long du quai
de Saône. Tu aurais pu être le pavillon dans la mâture,
le signe loquace d'un jour qui dure. Le sillage blanchit
davantage quand dérive la noix minuscule, peuplée
d’expressions ébahies couvertes de chapeaux et de verres
photochromiques. Caruso à son bord distrait l’oreille et me lie
de loin à ta présence furieuse. Tu t’immisces dans
le groupe hasardeux et te distingues de cet air bien familier
parmi d’habituels inconnus. Au retour, puisque rien ne dure,
débarquent dans le désordre, les rires, les mains et criaillements,
le soleil et l'étonnement naïf. Tu aurais pu pardonner, avec
l’épanchement qui n’est plus le mien, le haut fait de cette époque.


