RENTRER

 

Quand je rentre de ma leçon,

je ne fais pas le même chemin. Je m’égare souvent,

au risque de me perdre. Ma consolation

est ce que j’ai appris et que je me répète

jusqu’à l’épuisement.

 

L’autre leçon est celle du ressac en moi

qui de son écume blanchit mes cheveux.


KØBENHAVN


C’étaient, au port, tes bras

repliés et tes mains sur la nuque.

On ne voyait que tes coudes que

tu articulais comme le Bec-en-sabot

de Copenhague.

C’était ton amitié libre ; dans les bureaux,

sur la mer calme, on négociait cent fois. 


PRESENCE

 

L’être figé derrière les vitres,

tandis qu’il neige, semble me saluer

en guise de reconnaissance.

Si nous nous sommes rencontrés, peut-être

avons-nous fait un faux pas jusqu’ici,

en ce jour fortuit, pendant un hiver

que la mémoire occulte, elle-même

affaiblie par le présent de ce mois de décembre

qui s’apprête à chanter quelque solitude

avec le vol du flocon.


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