PRESENCE

 

L’être figé derrière les vitres,

tandis qu’il neige, semble me saluer

en guise de reconnaissance.

Si nous nous sommes rencontrés, peut-être

avons-nous fait un faux pas jusqu’ici,

en ce jour fortuit, pendant un hiver

que la mémoire occulte, elle-même

affaiblie par le présent de ce mois de décembre

qui s’apprête à chanter quelque solitude

avec le vol du flocon.


TU GLISSES...

 

Tu glisses ainsi, à la manière de la petite embarcation
qui conduit les dizaines de touristes, le long du quai
de Saône. Tu aurais pu être le pavillon dans la mâture,
le signe loquace d'un jour qui dure. Le sillage blanchit
davantage quand dérive la noix minuscule, peuplée
d’expressions ébahies couvertes de chapeaux et de verres
photochromiques. Caruso à son bord distrait l’oreille et me lie
de loin à ta présence furieuse. Tu t’immisces dans
le groupe hasardeux et te distingues de cet air bien familier
parmi d’habituels inconnus. Au retour, puisque rien ne dure,
débarquent dans le désordre, les rires, les mains et criaillements,
le soleil et l'étonnement naïf. Tu aurais pu pardonner, avec
l’épanchement qui n’est plus le mien, le haut fait de cette époque.


Mode mineur, Editions Aux Cailloux des Chemins, 2026

 

VI


Parle à voix basse

                            dans le terrain de fleurs dorment les inconnus.

J'entendrai

bien ce que tu penses et ce que te répondent ceux qu'on a ensevelis.

Leurs sons noirs toucheront les pétales et, au-delà, je nous

trouverai errants coquelicots, songeurs dans toutes ces paroles

ou dans le vol de l'insecte


D'autres poèmes en lecture, via Calaméo : Mode Mineur Fabrice Farre

MODE MINEUR

 

Assis tout près du jardin mais

en lui, à tes côtés, loin pourtant, le visage tourné

vers le nord, comme le tien,

à nous deux fantômes, à nous seuls brins manquants au buis.


Poème XVII, extrait de MODE MINEUR, page 83.




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