Tout est pour toi, dans cette brassée :
le rouge cerise de ton sourire, le jaune
Tout est pour toi, dans cette brassée :
le rouge cerise de ton sourire, le jaune
Je retrouve le cheval terrassé de Montale, l'enjoins à se relever
et, moins animal, je reprends la verticale.
Je portai, un temps, sa tête monstrueuse, mesurai au bord
de la défaite, le poids de l'existence. Le souffle
restituait le mouvement à cette chevelure qui nous retenait.
L'eau fit le bruit d'un collier de perles, la feuille sèche
reprit sa course, la statue m'interrogea en levant la main
et je rendis le cri au faucon de l'après-midi ;
passagers nous l'étions, cheval et moi, ainsi que le prédit
le nuage au désert du ciel.
Harnachés tous deux, nous prenions congé de la terre renversée,
sous le signe de la pierre animée,
après un clignement de paupières.
In Carte de séjour, Encres Vives, printemps 25
À l’heure où la musique s’accordait
au beau milieu de la foule béate,
elle relevait un peu sa robe avec une pudeur
maternelle, libérant des nuées d’enfants
nées d’une chanson aigre-douce, aussi
nombreuses que le sont les taches de rousseur
sur le masque rieur de la baladine.
Chez moi, la lumière touchant la barrière se brise
sur le plancher rajeuni. Il y a autant de glyphes
que d’incompréhensions. Et pourquoi cette question d’hier
a-t-elle été posée tout à coup, alors que le silence
prenait place
et qu’il ne s’agissait de mur que pour l’intimité ?
Sans m’attarder, j’ai vu les mines surprises de chacun
portées par des corps filiformes et le drame seul privé d'avenir.
À cette heure, la ferraille entre chez moi par la
fenêtre.
Je compte les secondes, veillant au feu de la forge
qui atteint l’intérieur, malgré mon tablier en cuir.