TOMBER



Quand vous dormiez moi je m'impatientais
rouge du désir de tomber encore
tout blanc d'insomnie je regagnais
la forêt taisant le nombre qui dort
Vous rejoigniez enfin qui attendait
c'est moi au bocage que je quittais

DORMIR

Le soir les voix s'éteignent
les dernières minutes
toussent au bord du rêve
où la fraîcheur qui nous gagne
fait de nous des rescapés.


Poème 8, in Ligne, éditions La Porte.

Revue VOL, numéro 2




DESSINS/ GRAVURE : Hélène BAUTISTA, Cendres LAVY, ETA-K et WILLIAM.

EDITO : H. GOUAULT.

TEXTES : C. PENNEQUIN, VINCENT, H. GOUAULT, HEPTANES FRAXION, C. SAINT-GEOURS, RÂJEL, P. JALLET, C. SOUBROUILLARD, C. LAVY, F. FARRE, A. KABACH, S. BERNARD, M. TISON, M. MOLDELY, L. LATHUILE, W. VAN STRATEN, R. ADALBAD, B. COUDERT et V. MOTARD-AVARGUES.

Revue Alsacienne de Littérature, n° 131




DOUVES



Sophie Brassart (accès au site d'un clic sur l'image)

La lame de vie s'est glissée sous l'eau,

je l'ai fixée dans le miroir intime.

Au-dessus des douves, j'ai pu entendre

le brame du cerf lancer l'ultime

silence. J'ai vu les arbres, leurs branches se tendre.

Comme une feuille, je suis tombé vers le haut.



Revue Catastrophes


Un grand merci à l'équipe de la revue :

Laurent Albarracin, Guillaume Condello et Pierre Vinclair


Clic sur l'image pour l'accès à la revue

La vie de l'ai apprise...



La vie, je l'ai apprise en te voyant descendre
du haut de cet escalier résonnant comme
la pierre qui garde à l'esprit l'effort de l'équilibre.
Je songeai devenir le garde-corps ou bien
les marches, tolérant l'existence sans qu'il fût question
de faux pas. Au moins la main. Je vécus armé
de la volonté, dénigrant mon corps pour porter
le tien. Ou bien l'escalier oublia-t-il un instant
que le mur le soutenait. Je sus alors
que ne tient que si l'autre maintient.


Ton prénom : Lucia...


Ton prénom : Lucia, frêle insecte au pied
du mur où nous comptions les soleils, dans la langue.
Tes mains scellées n’avaient pas de paume,
au jeu pourtant elles s’ouvraient.
L’orgue sarde du vent blanchissait les toits,
les figuiers sonnaient, en rien barbares, nous
avions trouvé le centre, sans doute l’odeur
du fruit, et l’un ou l’autre touchait enfin
la paroi, sans être vu ni des silhouettes à laine
ni des têtes au travail recourbées dans leur visage.



(extrait d'un recueil inédit).

Par notre absence noircissent les pommes...



Par notre absence noircissent les pommes,
nous succombons au métronome, transparents
comme le sommeil nous courons comme
l'eau afin d'aller veiller les reflets des hommes
qui vivent longtemps après nous.
A contre-courant, dans le débit des remous
porteurs, nous poursuivons la mort, semant
la vie à l'origine de la rivière où toi
et moi avons trouvé, limpides, sans jamais
chercher l'éternité, les visages de l'un et de l'autre.


(extrait d'un recueil inédit)



Poème 4, paru dans la revue Alkemie n°22.




A la frontière, l'arbre abandonne
son fruit : une coque vide où résonne
un fruit sec. En vérité j'ai quitté,
sans me retourner, un pays pour un autre.
Natif d'aucun lieu, j'eus cependant
pour branche l'oiseau interprète
un vent libre et lent dans les feuilles ;
je les entendais ailleurs avant de rouler
je les voyais toujours en allant vers l'oubli
cherchant le timbre ou le visage,
un lieu sûr, une rue, une fontaine fraîche,
une parole bue avant la naissance.



Revue Alkemie n°22, 2018


Revue Osiris, n° 87



Le silence s’étire svelte, sauvage
à travers les buis au ras du sol, gronde
et s’élève comme une masse invisible.
L’espace se dilate en ce rien minuscule
d’où l’on apprend la lenteur
au cœur de la disparition.

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