Saisi

La nouvelle touchait bien plus
que les corps. La lumière grumeleuse
montait sur le fil à linge tendu entre
les cornouillers dont on fait les manches
du travail, jusque dans les draps
que tu avais accrochés pour distraire l'absence.
Les chemins, hésitants contre les mottes
ou étirés dans le vague, murmuraient encore
sombres et l'horizon moins lointain soudain
arpentait le temps où l'existence
prenait forme, enfin. Resserré, le dehors
tenait dans une poche ou une boîte de joie
que l'on remonte parfois lorsque le ressort
achève sa course.



Dans Poésie/première, n°55 – mars 2013.

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