Entrer, in IMPLORE

 

La route prête ses pas aux pas qu'elle n'a pas. Celui qui passe 

s'en empare. Avant lui, la route arrive jusqu'à la première

maison qui manquait. L'une de ses pierres roule sur le seuil.

Celui qui s'apprête à entrer la ramasse.


Extrait de IMPLORE, page 77, Bruno Guattari Editeur, 2020.





Dans cette cavité...

 

Dans cette cavité, tu pourras loger en attendant

des jours meilleurs, avec ses abeilles, leur pollen

et les bourdonnements, au reveil, augurant les fleurs


vivantes. Dans ce repaire, tu rangeras le strict nécessaire,

des mots égarés, prononcés après l'hallucination,

des mots après la vie

à la mémoire de la terre, juste avant le déluge.



Non, mon déluge...



Non, mon déluge...


Parmi la limaille en bataille semblable à l'éparpillement

de tous ceux qui trouvent guerre sans refuge, malgré

les interférences


en accord, il y a le médaillon récent que je tiens caché :

une tache noire instable sur pattes garde, nerveuse tache,

une bille rouge cernée de jaune, merle et grain de groseille

acide, issus du talus, étendue rouge en son bec le rond noir.



Regarde, nos mains sont semblables...

 

Regarde, nos mains sont semblables...


Regarde, nos mains sont semblables, nous sommes aussi

nombreux que dix chemins, nous les dix à deux,

cherchant sans déceler, alors, un poème. Nos doigts


ne savent ce qu'ils souhaitent. Somme nous serons en train

de ne pas toucher encore ; une tache à la surface des choses

trouble la pensée et nos sentences modernes. La faim nous

désigne, plus vivants que les jours sans fin. Pourquoi trouver.


Les jeunes pousses, l'éclair des sous-bois...

 

Les jeunes pousses, l'éclair des sous-bois...


Les jeunes pousses, l'éclair des sous-bois, cachent

les chemins chauves. Un air d'herbe souffle entre

les arbres chanteurs, les frênes *.


Invasive génération de lierre neuf, la ruine

ressuscite, à sa pierre s'aiguise la lumière plus habile

soudain à ôter l'inutilité du bruit de bottes

et des voix sur les toits à peine distincts.



* Dans certaines régions de France, on nomme les samares des frênes les « langues d'oiseau ».



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