Silence

Tu ne me donnes de la nuit
qu'un signal semblable à celui
de la neige éclairante sur les toits.
J'entends le bruit des vêtements
qui se déplient. Une autre rumeur
est celle des mots que nous avions
échangés sur le pont au-dessus de
la ville déserte. Je n'entends en réalité
que le silence qui tinte comme une cloche
entre les mains de celle que je cherche
qui te ressemble mais qui ne se retourne
que lorsque son image disparaît.


Poème XXI, in Les chants sans voix, Encres Vives, Coll. Encres Blanches, 2012.


Le numéro 12 de LITTÉRALES






La revue LA PASSE n° 22


« L'entrebaillée », par Philippe Blondeau, « A reculons je marcherai », par Ariel Spiegler, « Renoncement », François Ibanez, « Impasse du chêne creux », Christophe Esnault, « Cela laissera des traces », Alain Marc, « Mon analyste reçoit dans une impasse », Julien Boutreux, « Impasses de la pensée », Frédéric Dechaux, « Impasse », Werner Lambersy, « Impasse routière », Nicolas Grenier, « Il », par Philippe Jaffeux et Carole Carcillo Mesrobian, « Passe passe passera », Patrick Le Divenah, « En passer par l'impasse », par Tristan Felix, « Théâtre d'ombres : deux actes en parole », Philippe Jaffeux et Tristan Felix, « De cenizas/De cendres », par Alejandro Calderón et Isabelle Voisin, « L'agonie a du bon aujourd'hui », Xavier Frandon, « Agonie », Ivan de Monbrison, « Notes pour ouvrir l'impasse », Claude Vercey, « Dans ma course affolée à travers le Parnasse », Arthur Dauzon, « Lunes », dessins de Tristan Felix, « Passes, tresses, traces », Tristan Felix et Jean-Jacques Dorio, « Fidélité », par Christine Monot, « Le rat et le chat – Un clochard », Xavier Frandon », « Terminer enfin le cercle », Fabrice Farre, « Nous voilà comme au fond d'un puits... Solution de continuité », Paul Dalmas-Alfonsi et, enfin, les dessins et mots « chimères », de Tristan Felix.


Extrait de la revue La Passe, n°22 (lien)

Saisi

La nouvelle touchait bien plus
que les corps. La lumière grumeleuse
montait sur le fil à linge tendu entre
les cornouillers dont on fait les manches
du travail, jusque dans les draps
que tu avais accrochés pour distraire l'absence.
Les chemins, hésitants contre les mottes
ou étirés dans le vague, murmuraient encore
sombres et l'horizon moins lointain soudain
arpentait le temps où l'existence
prenait forme, enfin. Resserré, le dehors
tenait dans une poche ou une boîte de joie
que l'on remonte parfois lorsque le ressort
achève sa course.



Dans Poésie/première, n°55 – mars 2013.

Fil

Tu sauras que je pense à toi
que je t'écris sans même rédiger
une seule ligne de vie
à chaque pouls ressenti, jusqu'aux dernières
capillarités du monde, tu m'entendras de l'intérieur.

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