NOIR ET BLANC

 

La neige tombe sur la route noire
dans le silence elle recouvre
les fleurs rouges. Le bruit des voix
vient de la terre alors. Bientôt la neige noire
tombe sur la route blanche :
on n’y trouve que les pas du regard.
Bientôt le blanc s’efface
le noir fleurit sous les abeilles bavardes
les unes et les autres chargées de miel clair.



Paru, pour la première fois, dans l'anthologie de Jean Foucault, in Charlibre : le poème du jour d'après, 2015, p.153.

3,2,1


Tu t'agites, minaudes, passes

sous mon aisselle, chat ou étoile

du ballet de ce lieu qui

de bien me connaître m'apprivoise.

Je respire sans me reconnaître, alors.

Tu te frottes à mon dos et tournes

autour de ma main.Toi, moi trouvons

la mécanique qui fait penser

qu'elle nous compte en ce désert,

que la fatalité nous laisse moins seuls.

À trois, le deux se console du un.



GESTE

 

Le geste désappris, maintenant,

fait ajuster le bas vers la terre. La joie

souffle l'herbe rase, la désillusion

ne descend pas davantage. C'est

ce chemin acquis qui ravine

avec le sourire le temps qui reste.


TON CHANT ...

 

Ton chant plie sur le rebord

de la fenêtre, elle l'éclaire

pendant que passent à t'écouter

les minutes. Un point serré

ourle l'émotion, un point boutonnière

attend la fleur muette. Invisible

encore, ce que tu as appris

à coudre, penché sur l'ouvrage,

accompagne la trame.



ARPA n° 143

 

Leur jeu consistait à courir dans la direction contraire du

wagon, à la même vitesse, afin que les portes ouvertes de part

et d'autre leur offrent l'occasion de se voir une nouvelle fois.

L'un connaiisait le visage de l'autre, pourtant la peur tenaille

puis efface toute trace. Au bout de l'épuisement, enfin, la sur-

prise dévaste : elle est celle qui révèle l'image de son sem-

blable où chacun se reconnaît trait pour trait.


Extrait de LES SEPT LIGNES, Arpa n°143, février 2024

VUES ET REVUES

LISTES DES PAGES DU BLOG

POÉSIE CONTEMPORAINE... peut-être

TOUS LES TEXTES SONT PROTÉGÉS [page WIKIPEDIA]. Ils sont la propriété exclusive de Fabrice Farre.







ARCHIVES DU BLOGUE