MACHINES


La carapace d'acier retient le râle du moteur, on s'affaire

sans prière, bras et mains s'agitent à l'unisson, la parole

en moins. Enchaînées au devoir, sous la lumière des fenêtres

hautes, les blouses rythmiques et bleues, traversées par un rai

de poussière dansante, actionnent des roues dont le goût de fonte,

mêlé à la salive, est la raison de déglutir. La gueule béante

libère de petits trains de cartons prêts pour l'expédition, un tapis

rotatif les entraîne. Les machines parlent mieux que quiconque.


FLOCONS

                                                                                                                                                 à ma mère

Les flocons, sur le lac, font encore tomber ses larmes, c'est

déjà demain avec son cortège improbable qui arrive

du désert : ce n'est plus hier, seules les chansons sont

tristes si elles se retournent. Le lac gelé, c'est donc que

le froid s'est épris de l"insaisissable, la glace empêchera

l'ascension du plongeur en apnée. Pour apaiser le lac, un peu

moins de chagrin serait le mieux pour réduire la taille

du monstre résigné qui s'abîme, peu à peu, dans la fleur blanche.


La revue Osiris, n° 99

Andrea et Robert Moorhead publient le nouveau numéro d'Osiris qui, cette année, fête son cinquante-deuxième anniversaire.

En voici le sommaire :




POURQUOI VIENS-TU


 

Pourquoi viens-tu me surprendre en plein jour

alors que je pratique l'art sans talent de la

disparition. En ce jour de nuit restante, ta pensée

me réjouit, je la poursuis et me rends compte

que je m'évapore un peu plus dans le moins.

Ce sont ces deux pôles qui éclairent ma raison

de m'éteindre : la lumière augmente, aussi chère

qu'un vacarme qui s'éloigne. Pourquoi viens-tu.



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