Je recommence à vivre,
cette fois dans la peau du renard
buvant la rosée, enivré par le cœur
du thym généreux, fouinant sur la bute
élue par le chêne, cavalant derrière
une joie papillonnante, renardant
d’instinct avant une vie prochaine.
Je recommence à vivre,
cette fois dans la peau du renard
buvant la rosée, enivré par le cœur
du thym généreux, fouinant sur la bute
élue par le chêne, cavalant derrière
une joie papillonnante, renardant
d’instinct avant une vie prochaine.
La lucarne s'éclaire, la maison se soulève.
Dans l'odeur de talc fougère, les mains
ménagères fabriquent le pain de l'air.
La lampe du plafond fait voler des cercles de couleurs
et des arcs brisés et les voix aux airs latins s'amenuissent
à mesure que le lieu se retire.
C'est elle qui, tout en m'apercevant, jette
aux chats chétifs un morceau de pâte, soucieuse
de rester encore, ici-bas. Je la reconnais, léger sur la neige mère,
en moi.
Les pierres montent une à une
devant la mer et la mer a reconnu
le littoral ; la mer grommèle, la mer
respire pour lui. Le souvenir la garde,
la mer colère, la mer aimée ; la mer
ne voit que le prisonnier fou à lier, à aimer
à haïr, la mer essore, la mer se terre, la mer.
On couche le cheval sur un grand drap, on prie
un peu en injuriant la terre où tombe le regard,
la mer laboure, les paysans rentrent.
L’aube se lève.
Sur la
neige qui sépare
blanchit
le lièvre variable,
sa stupeur
fait une tache de sang
que fige
l’éblouissement.