LE CHEVAL DE MONTALE

 

Je retrouve le cheval terrassé de Montale, l'enjoins à se relever

et, moins animal, je reprends la verticale.


Je portai, un temps, sa tête monstrueuse, mesurai au bord

de la défaite, le poids de l'existence. Le souffle

restituait le mouvement à cette chevelure qui nous retenait.

L'eau fit le bruit d'un collier de perles, la feuille sèche

reprit sa course, la statue m'interrogea en levant la main

et je rendis le cri au faucon de l'après-midi ;

passagers nous l'étions, cheval et moi, ainsi que le prédit

le nuage au désert du ciel.

Harnachés tous deux, nous prenions congé de la terre renversée,

sous le signe de la pierre animée,

après un clignement de paupières.


In Carte de séjour, Encres Vives, printemps 25


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