De l'autre côté

Dehors, la lumière est bien plus
dense. Les objets sont enfin
rendus au réel. Je cherche partout
ce qu'il reste à donner à la parole
enfoncée dans le noir. Elle s'esquive,
noyée, puis revient rescapée
grâce à je ne sais
quel fil de survie. Elle se tient
au bord possible. Je n'ose la pousser
de la bouche au monde, de peur de la perdre
mais je l'ai attendue.



Sur Parole, Clapàs, 2013.

Abysses

Quel genre de bêtes sommes-nous
à être conscients que les enfants-poissons
un jour quitteront les cheminées fumantes
les baudroies et autres chimères pour
s'enfoncer dans la nuit des vieux parents
pris aux tentacules des siphonophores
un jour de grand suicide où la mémoire les a conduits.



In Résonance générale, numéro 6, automne 2013.

Porter


Tu as porté les seaux,
cédé à leur tempête
lorsque l'eau s'y agitait.
Dans la main, la anse
instable ne tenait qu'aux rivets
d'un instant fixé
entre deux yeux brûlants.




"Concerto pour marées et silence, revue" : le numéro 8.

Trois mouvements : Moderato, Adagio, Allegro. La chef d'orchestre est Colette KLEIN.


Avec : Rabah BELAMRI, Eliane BIEDERMANN , Patrice BLANC, Claudine BOHI, Violaine BONEU, Claudine BRAL, Jacques CANUT, Francine CARON, Jean CHATARD, Francis CHENOT, Marie-Josée CHRISTIEN, Gérard CLERY, Maurice COUQUIAUD, Caroline CRANSKENS, Chantal DANJOU, Éliane DEMAZET, Alain DUAULT, Pierre ESPERBE, Paul FARELLIER, Mireille FARGIER-CARUSO, Fabrice FARRE, Danièle FAUGERAS, Laurent FAUGERAS, Bernard GRASSET, Petja HEINRICH, JAPH'EIIOS, Nadine LEFEBURE, Jacques LE SCANFF, Martine LE SAULE, Emmanuel LOYAU, Claude LUEZIOR, Brigitte MAILLARD, Béatrice MARCHAL, Philippe MERLET, Jean MINIAC, Ivan de MONBRISON, Evelyne MORIN, Colette NYS-MAZURE, Bojenna ORSZULAK, Gérard PARIS, Jean-Pierre PARRA, Michel PASSELERGUE, Benjamin PERET, Jacqueline PERSINI-PANORIAS, Isabelle PONCET-RIMAUD, Gérard ROCHE, Georges ROSE, Calou SEMIN, Dana SHISHMANIAN, Jacques SICARD, Jean-Pierre THUILLAT, Anélia VELEVA et Monique W. LABIDOIRE. 



Quelqu'un


Je n'ai pas vu que tu descendais
dans la cour, les bras chargés
de ce fardeau. Le mien est
de ne pas avoir entendu
tes pas sur la terre, mais
c'est de ce caillou où tu te heurtes
à ton retour que je sortirai
comme germe la pensée de quelqu'un,
pendant la difficulté.



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