La revue LA PASSE n° 22


« L'entrebaillée », par Philippe Blondeau, « A reculons je marcherai », par Ariel Spiegler, « Renoncement », François Ibanez, « Impasse du chêne creux », Christophe Esnault, « Cela laissera des traces », Alain Marc, « Mon analyste reçoit dans une impasse », Julien Boutreux, « Impasses de la pensée », Frédéric Dechaux, « Impasse », Werner Lambersy, « Impasse routière », Nicolas Grenier, « Il », par Philippe Jaffeux et Carole Carcillo Mesrobian, « Passe passe passera », Patrick Le Divenah, « En passer par l'impasse », par Tristan Felix, « Théâtre d'ombres : deux actes en parole », Philippe Jaffeux et Tristan Felix, « De cenizas/De cendres », par Alejandro Calderón et Isabelle Voisin, « L'agonie a du bon aujourd'hui », Xavier Frandon, « Agonie », Ivan de Monbrison, « Notes pour ouvrir l'impasse », Claude Vercey, « Dans ma course affolée à travers le Parnasse », Arthur Dauzon, « Lunes », dessins de Tristan Felix, « Passes, tresses, traces », Tristan Felix et Jean-Jacques Dorio, « Fidélité », par Christine Monot, « Le rat et le chat – Un clochard », Xavier Frandon », « Terminer enfin le cercle », Fabrice Farre, « Nous voilà comme au fond d'un puits... Solution de continuité », Paul Dalmas-Alfonsi et, enfin, les dessins et mots « chimères », de Tristan Felix.


Extrait de la revue La Passe, n°22 (lien)

Saisi

La nouvelle touchait bien plus
que les corps. La lumière grumeleuse
montait sur le fil à linge tendu entre
les cornouillers dont on fait les manches
du travail, jusque dans les draps
que tu avais accrochés pour distraire l'absence.
Les chemins, hésitants contre les mottes
ou étirés dans le vague, murmuraient encore
sombres et l'horizon moins lointain soudain
arpentait le temps où l'existence
prenait forme, enfin. Resserré, le dehors
tenait dans une poche ou une boîte de joie
que l'on remonte parfois lorsque le ressort
achève sa course.



Dans Poésie/première, n°55 – mars 2013.

Fil

Tu sauras que je pense à toi
que je t'écris sans même rédiger
une seule ligne de vie
à chaque pouls ressenti, jusqu'aux dernières
capillarités du monde, tu m'entendras de l'intérieur.

Dérouter


Nous allons rouler jusqu'à la nuit
la plus proche, nous déposséder
de ce qui rend nos maisons sinistres.
Nous trouverons
nos peines animales attachées un temps
puis libérées en nous pendant que nous avançons.
Nous n'appartenons plus à aucune ville,
à aucun de nos amis fidèles, nous regagnons
la nuit qui attend entre les luminaires dressés
comme des vigies au bord d'une frontière. Nous
ne rentrerons plus, nous serons plus humains
un jour ou l'autre. Avec le son de la radio
dans l'air frais et nos visages qui durcissent, nous
allons entrer dans la nuit. Le jour viendra
comme un souffle éclairé donné par une allumette
dans nos mains loin du volant.



Extrait de « Nous, les choses... », un ensemble de textes paru dans Les Carnets d'Eucharis (version papier), n°2, février 2014.




















Rentrer


Je rentre :
j'ai fini de sortir
d'accabler mon sort
aux lignes de bus, seuls
méridiens de la perspective.
L'imaginaire mélopée de la radio
traverse ma cuisine, loin
de la ville, loin des murs
dans ce lieu de quelques
centimètres carrés où l'itinérant
reste parfois attentif à ce qui ne se passe pas.

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